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L’impact des réseaux sociaux sur l’estime de soi

PUBLIÉ LE : 24 février 2021

Catégorie(s) : Revue scientifique Thématique(s) : Vie étudiante, Bien-être, Estime de soi, Réseaux sociaux
L’impact que peut engendrer les réseaux sociaux sur la santé mentale n’est pas à négliger, en particulier chez les plus jeunes. Il peut amener à une baisse de l’estime et de la confiance en soi.
Visuel d’illustration de l’article "L'impact des reseaux sociaux sur l'estime de soi"

Les réseaux sociaux ont permis de rendre la pratique du selfie courante, et avec elle les filtres qui doivent sublimer, qui lissent la peau, réduisent la taille du nez, agrandissent le regard ou rendent le teint parfait. Un nouveau standard dangereux pour les jeunes, qui développent un rapport compliqué avec l’image qu’ils ont d’eux-mêmes.

Les réseaux sociaux comme processus de construction identitaire

L’estime de soi

On le sait, l’adolescence est marquée par des besoins de reconnaissance et d’identification, c’est une période durant laquelle l’adolescent.e cherche à affirmer son style et à construire sa propre identité, qui passe désormais par l’identité virtuelle. Pour cela, de nombreux jeunes, en particulier des jeunes femmes, n’hésitent pas à mettre en scène leur quotidien à travers des photos et des vidéos publiées régulièrement sur les réseaux sociaux. «Parmi toutes ces activités d’auto publication, l’image occupe une place importante. Les adolescent.e.s publient des images d’eux-mêmes et de leurs proches. Ces images les montrent en pleine construction identitaire : ils sont en recherche de légitimation et se placent dans un travail d’acceptation de soi passant par le corps et s’effectuant de manière forte à travers le regard des autres. Ils se montrent également au cœur de leur processus de socialisation et d’appartenance communautaire en s’affichant volontiers entouré de leurs amis, familles et connaissances.» (Tabary-Bolka, 2009).

Cette surexposition de soi entraîne une plus grande vulnérabilité face aux regards des autres, fragilisant le jeune adulte dans sa construction, et pouvant constituer un premier pas vers une dépression. L’estime de soi ainsi basée sur l’image et le jugement d’autrui s’en trouve fragilisée. Un bon moyen pour ne pas être vulnérable est d’avoir une estime de soi basée sur plusieurs dimensions, ainsi, si une des dimensions (social, image de son corps, réussite dans les étude etc.) est fragilisée (échec dans ses études par exemple), les autres dimensions étant présentes, l’impact sur l’estime de soi “globale” est moins important.

Par ailleurs, on sait que l’estime de soi est un facteur déterminant de la santé chez les jeunes comme le souligne Julie Arsandaux dans sa publication scientifique. Sur 1011 Sharers, ceux ayant déclaré une mauvaise estime de soi déclaraient également une mauvaise santé. A l’inverse, ceux qui déclaraient une bonne estime de soi déclaraient également une bonne santé globale. L’estime de soi peut donc venir fragiliser la santé des jeunes comme une mauvaise alimentation ou une sédentarité trop importante ou encore une situation économique compliquée.

Image de soi sur les réseaux sociaux

D’après une étude britannique menée sur plus de 10 000 adolescent.e.s de 10 à 15 ans, on constate que les jeunes filles accordent plus d’importance à l’image de soi sur les réseaux sociaux que les garçons, parfois même de façon excessive. En effet, d’après l’étude, 40% des filles utilisant régulièrement les réseaux sociaux présentaient des signes de mal-être, de dépression, des troubles du sommeil ainsi qu’une mauvaise image corporelle, soit 35% de plus que les garçons. Les jeunes filles seraient aussi plus victimes de cyber-harcèlement que les garçons. Ce phénomène est notamment lié aux réseaux sociaux Instagram, Snapchat ou encore TikTok dont le principe est de poster des photos et des vidéos de soi-même et de son quotidien, et sur lequel on assiste à des mises en scène donnant l’illusion aux autres utilisateurs que chacun mène une vie meilleure que la sienne. Voir des photos qui font « rêver » défiler à longueur de journée augmente les complexes que nous avons de nous-même et de nos vies.

Les conclusions de cette étude ont permis de constater que plus le temps passé en ligne par les jeunes augmente, moins ils se sentent heureux dans leur vie. Dans l’ensemble, il a été remarqué que passer beaucoup de temps sur les réseaux sociaux réduit la satisfaction que nous avons sur tous les aspects de notre vie. Les médias sociaux semblent favoriser les comparaisons sociales négatives avec les autres, car nous avons tendance à être dans un état idéalisé. Ces effets sont d’autant plus importants chez les adolescent.e.s qui sont en plein processus de construction identitaire.

Les médias sociaux affectent la vision que nous avons de notre corps

Dans une autre étude menée par l’université de York au Canada auprès de 118 jeunes femmes de 18 à 27 ans, « les résultats ont montré que ces jeunes adultes se sentaient plus insatisfaites de leur corps [après avoir visionné des photos de femmes qu’elles considèrent comme attirantes]. Elles se sentaient plus mal à propos de leur propre apparence après avoir regardé les profils de femmes qu’elles percevaient comme plus attrayantes qu’elles. Même lorsqu’elles avaient déjà une faible estime d’elles-mêmes avant l’étude, en moyenne, les participantes se sont senties encore plus mal après avoir terminé la tâche», a déploré Jennifer Mills, la principale auteure de l’étude. Pour les jeunes femmes, le fait de regarder et de commenter les images d’autres femmes qu’elles jugent séduisantes diminue leur satisfaction quant à leur propre corps.

Pour conclure, n’oubliez pas que les réseaux sociaux sont un miroir déformé de la réalité. S’ils permettent de divertir nos journées, il est important de rappeler que les personnages qui s’y mettent en scène affichent un quotidien souvent fantasmé. Alors, Sharers, aimez-vous tel.le.s que vous êtes !

LB

  • Tabary-Bolka, L. (2009). Culture adolescente vs culture informationnelle: L’adolescent acteur de la circulation de l’information sur internet. Les Cahiers du numérique, vol. 5(3), 85-97. 
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