La PACES, c'est chaud !

Des chiffres et des analyses sur l'impact de la 1ère année de médecine sur les étudiants.

2572 étudiants en médecine des universités de Bordeaux, Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines et Nice ont accepté de participer à i-Share.

Parmi ces étudiants, 1360 sont en première année.

PACES versus les autres années de médecine

Plusieurs caractéristiques présentées par des étudiants de 1ère année ont été comparées avec celles des étudiants des années suivantes (principalement 2ème et 3ème année) afin de mesurer précisément le ressenti et l'impact de la première année, notamment sur des mesures de santé psychique.

Les résultats sont édifiants !

 

Par rapport aux années supérieures, les étudiants en première année de médecine (PACES) présentent les caractéristiques suivantes :

  • bien-être moral

Ils déclarent beaucoup plus souvent avoir une symptomatologie dépressive dans les 12 derniers mois (70% versus 54%).

Une nouvelle fois, la différence entre la première année et les années suivantes est très importante.

Ils rapportent pratiquement deux fois plus de pensées suicidaires fréquentes (3,2% vs 1,7%).

 

  • sentiment d'échec

Ils ont un plus fort sentiment d'échec (44 vs 24%), déclarent plus souvent manquer de confiance en eux (73% versus 62%) et présentent un stress important lié à la peur de l'échec aux examens (67% versus 50%).

 

  • sommeil

Ils dorment moins bien.

Ils caractérisent moins souvent leur sommeil comme bon ou plutôt bon (50% versus 64%).

Ils ont au moins une fois par semaine des difficultés d'endormissement (47% versus 32%) et se déclarent plus souvent extrêmement somnolent dans la journée (extrême somnolence dans la journée plus d'un jour par semaine 52% versus 42%).

 

  • sport

Ils font moins de sport (41 vs 65%) et ont beaucoup moins d'activités extra-scolaires régulières (11% versus 49%).

Comme attendu, les étudiants en première année ayant une très forte charge de travail ont globalement moins d'activités extra-scolaires notamment la pratique sportive.

La différence est quantitativement importante et on connait l'importance du sport dans l'équilibre psychique et comme facteur de prévention du risque dépressif.

 

  •   auto-sensation 

Ils se déclarent moins souvent en très bonne santé (20% vs 32%).

La différence est large et explicable par l'ensemble des éléments ci-dessus résultant en une sensation globale de mal-être.

 

  • alcool

Seul élément positif, ils sont moins nombreux à consommer de l'alcool (consommation d'alcool au moins une fois par semaine 26% versus 71%) et ont un peu moins souvent consommé du cannabis que les années supérieures (59% versus 62%).

Réalité inquiétante

Ces chiffres ne sont pas une surprise mais ils n'en sont pas moins inquiétants sur l'impact profond de cette épreuve sur de jeunes adultes.

Certains ne s'en remettent que très difficilement.

Les pouvoirs publics en sont conscients et des expérimentations sont faites pour trouver des solutions à ce problème (voie alternative à la PACES comme le PluriPass à Angers, passerelles entre disciplines, suppression de la possibilité de redoubler, etc.).

Intérêt des données scientifiques

L'étude i-Share montre son apport pour :

  • évaluer précisément et quantifier l'importance de ce problème,
  • alerter les pouvoirs publics et les encourager dans leur volonté de transformation rapide de la première année de médecine.

Elle peut également servir au monitorage de cette transformation en mesurant son impact lors de sa mise en place.

i-Share permet aussi d'identifier les profils d'étudiants les plus fragiles et les plus à risque, de les suivre dans le temps, et de tester des interventions afin d'améliorer cette situation.

 

EM

 

Source photo : Photo by Redd Angelo on Unsplash