Drogues : comportements, usages et conséquences

Tabac, alcool, cannabis, cocaïne, drogues de synthèse… la France jeune consomme.

Les conduites à risques telle que la prise de substances psychoactives (tabac, alcool et drogues) sont rarement isolées, souvent sous-évaluées alors que leurs effets sont importants sur la santé des étudiants, l’adaptation sociale et la réussite universitaire. I-Share, au travers du groupe Conduites à risques et accidents du Professeur Grégory Michel, compte faire avancer les choses : identification des facteurs de risque, actions de prévention, repérage et suivi des étudiants multipliant les comportements de mise en danger.

 

L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) a publié le 28 mai dernier un rapport dressant le panorama des drogues et des addictions autour de thématiques telles que la consommation, les usages, les usagers, les problèmes sanitaires et sociaux, la prévention, les dépenses publiques…etc. Analyse.

 

Alcool et tabac, des évolutions divergentes et des problèmes persistants

Alors que le tabac et l’alcool demeurent les substances les plus consommées en France (13,4 millions des 11-75 ans fument du tabac tous les jours et 8,8 millions boivent de l’alcool plus de dix fois par mois), les comportements d’usage n’ont pas évolué de la même façon durant la dernière décennie.

 

  • Tabac

Malgré les hausses de prix, l’interdiction de fumer dans les lieux publics et sur le lieu de travail, l’interdiction de vente aux mineurs, etc., l’usage de tabac n’a pas fléchi depuis dix ans. Jeunes ou adultes, les Français décrochent difficilement de la cigarette.

 

  • Alcool

Les consommations quotidiennes d’alcool sont en baisse mais de nouveaux comportements d’alcoolisation ponctuelle importante ou « binge drinking » dans lesquels l’ivresse est recherchée se développent, en particulier chez les plus jeunes. La moitié des adolescents de 17 ans (53,2 %) déclarent avoir bu au moins 5 verres en une même occasion au cours du dernier mois tandis qu’un peu plus du tiers des adultes déclarent ce même comportement au cours de l’année.

 

Par rapport aux autres pays de l’Union Européenne, la France se situe dans une position moyenne en termes de consommation de tabac et d’alcool. Les jeunes Français de 15-16 ans fument davantage de tabac que leurs homologues.

 

Côté mortalité, le tabac et l’alcool sont respectivement à l’origine de 73 000 et 49 000 décès par an. On ne peut pas vraiment parler d’augmentation du nombre de morts mais plutôt d’amélioration des méthodes d’analyse. La mortalité attribuable à la consommation de tabac a en réalité baissé chez les hommes mais  augmenté chez les femmes. Pour l’alcool, la mortalité est en diminution pour les deux sexes au cours de la décennie.

 

Cannabis : usages et difficultés concernant surtout les jeunes

 

Ces dernières années, l’usage du cannabis (première substance illicite consommée avec 13,4 millions d’expérimentateurs) s’est stabilisé à un niveau élevé. Environ 1,2 million de Français (11-75 ans) en fument au moins dix fois par mois (usage régulier) et les usagers dans l’année sont 3,8 millions.

 

Plus de 4 jeunes de 17 ans sur 10 l’ont expérimenté et c’est chez les plus jeunes (17 et 18-25 ans) que les usagers réguliers sont les plus nombreux. Ces jeunes peuvent être accueillis, éventuellement avec leurs familles, dans des Consultations Jeunes Consommateurs (CJC). On estime que 5 % des jeunes de 17 ans présentent des risques d’usage problématique ou de dépendance, avec deux fois plus de garçons que de filles.

 

La France est un des pays de l’UE où la consommation de cannabis dans l’année (chez les 15-64 ans) atteint le niveau le plus élevé. Elle se classe au 1er rang pour les élèves de 15-16 ans.

 

 

Autres drogues illicites

 

  • Stimulants : la cocaïne concurrencée par les nouveaux produits de synthèse ?

 

Parmi les autres drogues illicites, ce sont les consommations de stimulants, essentiellement par sniff, qui se développent le plus fortement.

 

La cocaïne, 2ème produit illicite le plus consommé chez les adultes, est dix fois moins diffusée que le cannabis avec 1,5 million d’expérimentateurs dont 400 000 usagers dans l’année. Cependant, le nombre  de consommateurs dans l’année a quadruplé durant les années 2000 car la cocaïne est plus facilement disponible. Enfin, on note que des groupes sociaux très divers sont concernés par ces usages.

 

Alors que la France apparaissait au début des années 2000 comme relativement peu consommatrice de cocaïne en Europe, sa position a changé. Sous l’effet de la diffusion de cette substance dans l’Hexagone et d’un recul dans les pays les plus consommateurs (Espagne, Royaume-Uni), la France se situe désormais dans une position moyenne.

 

  • La consommation d’ecstasy (sous forme de comprimés), très en vogue dans les années 1990, marque le pas dans les milieux festifs où la forme poudre (MDMA) est privilégiée.

 

  • On assiste enfin à l’émergence de nouveaux produits de synthèse (NPS) − cathinones ou cannabinoïdes de synthèse surtout, comme par exemple la méphédrone ou le Spice − dont plus de 60 ont été détectés en France depuis cinq ans et 73 en Europe en 2012.

 

Lors de leur apparition, ces produits bénéficient souvent du fait qu’ils ne sont pas inscrits sur la liste des stupéfiants. Il est actuellement difficile d’estimer le nombre d’usagers en France ; ce sont fréquemment des polyusagers s’approvisionnant via Internet. Il peut aussi s’agir d’usagers plus ou moins insérés fréquentant les espaces festifs. Les prix de ces NPS, moins élevés que ceux des drogues « classiques », peuvent contribuer à les rendre attractifs.

 

Héroïne : diversification des usages

Les usages d’héroïne demeurent très faibles à l’échelle de l’ensemble de la population (90 000 consommateurs dans l’année). Les usagers de cette substance se répartissent en deux groupes principaux. Ce sont d’une part des personnes désocialisées aux conditions de vie précaires ou en errance, accueillies dans les structures de réduction des risques, pour la plupart polyconsommatrices. Pour elles, l’héroïne joue un rôle moins central que par le passé ; elle est fréquemment remplacée, au quotidien, par des opiacés médicamenteux détournés (buprénorphine haut dosage (BHD) et méthadone en particulier).

 

Ce sont d’autre part des jeunes plus insérés, consommant dans un cadre festif et moins au fait des risques engendrés par l’usage.

 

L’injection reste le mode prédominant des usagers les plus précaires, mais le sniff et une absorption par voie pulmonaire, « la chasse au dragon », se développent. Différents indicateurs font apparaître une tendance à l’augmentation de la diffusion de l’héroïne au cours des années 2000, suivie d’une probable stabilisation à la fin de la décennie. La tendance en Europe semble pour sa part orientée à la baisse de l’usage.

 

Au total, on estime autour de 281 000 le nombre d’usagers problématiques de drogues en France : il s’agit d’usagers par voie intraveineuse ou d’usagers réguliers d’opiacés, de cocaïne ou d’amphétamines durant l’année.

 

Consommations d’hallucinogènes en milieu festif

Les consommations d’hallucinogènes regroupent celles de plantes et de champignons (produits naturels) et celles de produits synthétiques. Les champignons sont surtout expérimentés par les plus jeunes. Pour tous ces produits, les usages interviennent souvent dans des contextes festifs, et plus particulièrement en espace alternatif.

 

Conséquences sanitaires et réduction des risques

En 2010, 171 000 personnes ont reçu un traitement de substitution aux opiacés (TSO) en France (730 000 en Europe).

 

Concernant les dommages sanitaires, on dénombre près de 400 décès par surdose. Probablement sous-estimés et plutôt plus faibles que dans les autres pays européens (6 500 au total), ceux-ci sont en augmentation. Les opiacés sont les produits les plus souvent impliqués dans ces décès.

 

Les nouveaux cas de VIH déclarés parmi les usagers injecteurs sont en baisse et touchent environ 7 % des usagers en 2010. Chez les usagers injecteurs de moins de 25 ans, les cas identifiés sont ainsi passé de 23 % en 2006 à 8 % en 2010.

 

Huit Français sur dix se déclarent favorables à l’information des usagers sur la façon la moins dangereuse de consommer les produits psychoactifs. Et près de six personnes sur dix (58 %) répondent positivement à l’éventualité de la mise à disposition de locaux pour consommer.

 

 

 

Pour que la situation des étudiants présentant des problématiques addictives soit mieux prise en compte, i-Share a besoin de connaître les étudiants et leurs habitudes.

 

Etudiants, n’attendez plus, rejoignez-nous !

 

 

EM

 

Source : Communiqué de presse de l’OFDT, Drogues et addictions, données essentielles, Saint-Denis, OFDT, 2013, 399 pages.

 

Contact presse : Julie-Emilie Adès - 01 41 62 77 46 - julie-emilie.ades@ofdt.fr